En 2023, 60 % des actifs financiers mondiaux étaient détenus par les baby-boomers, alors que la génération Z n’en possédait que 1 %. Selon HSBC, près de 70 000 milliards de dollars devraient être transférés aux plus jeunes au cours des vingt prochaines années, un phénomène inédit par son ampleur.
Pourtant, une majorité de millennials s’estime moins aisée que leurs parents au même âge et anticipe un avenir marqué par la précarité. Ce décalage entre patrimoine réel et sentiment d’appauvrissement alimente des attentes contradictoires vis-à-vis du travail, de l’épargne et de la mobilité sociale.
Richesse générationnelle : panorama des inégalités et des perceptions
Le paysage est sans appel : les baby-boomers forment aujourd’hui la génération la plus riche, une position bâtie sur des décennies de croissance et d’accès facilité à la propriété. Ils concentrent la majorité des actifs financiers et immobiliers, laissant peu de place à l’incertitude. D’après Bank of America, près de 60 % de la richesse mondiale se retrouve entre leurs mains. Knight Frank confirme : la fortune des baby-boomers écrase celle des générations suivantes.
Face à eux, les millennials avancent à contre-courant. Accéder à un logement devient un parcours d’obstacles : flambée des prix, salaires qui stagnent, précarité de l’emploi. L’écart entre leurs difficultés et les chiffres du patrimoine réel nourrit un sentiment d’amertume. Quand la génération la plus riche détient la majorité des milliards d’euros, les plus jeunes se retrouvent souvent relégués à une place instable, pris en étau entre les promesses d’héritage et une réalité économique sans concessions.
Pour donner un aperçu chiffré des écarts, voici quelques données marquantes :
- 60 % des actifs financiers mondiaux sont aux mains des baby-boomers
- Moins de 2 % pour la génération Z
- En France, l’accès à la propriété immobilière reste largement réservé aux plus de 55 ans
Ce déséquilibre structurel agit sur les équilibres familiaux, économiques et sociaux. La question ne se résume pas à savoir qui détient le plus d’argent : il s’agit aussi de comprendre comment cette supériorité patrimoniale s’est enracinée. Dans les vingt prochaines années, plus de 70 000 milliards de dollars devraient changer de mains, promettant de bouleverser l’équilibre du pouvoir économique mondial.
Génération Z et Y : quelles attentes vis-à-vis de l’argent aujourd’hui ?
Chez les millennials et la génération Z, la relation à l’argent s’est transformée. L’accumulation d’un patrimoine imposant ou la constitution d’une fortune héritée n’incarne plus le Graal. Pour eux, l’équilibre entre travail et aspirations personnelles prend le pas sur la course à la richesse. L’achat d’un logement, autrefois symbole de réussite, s’efface. Surtout en France, où la hausse des prix et la précarité professionnelle rendent la propriété inaccessible pour beaucoup.
Les priorités évoluent : la mobilité, l’expérience, l’utilité sociale gagnent du terrain. Plutôt que d’accumuler, certains essaient de limiter leur empreinte carbone. Plusieurs études le montrent : la génération Y privilégie la qualité de vie, l’impact de ses choix, la cohérence avec ses valeurs. Le travail, lui, n’est plus une finalité, mais un moyen d’ouvrir des perspectives, de voyager, de rester autonome.
Voici quelques tendances qui illustrent ce basculement :
- Moins de 30 % des millennials en France projettent d’acheter un bien immobilier dans les cinq prochaines années.
- Près de la moitié préfère épargner pour vivre des expériences ou se prémunir contre les imprévus.
Ce changement s’accompagne d’une défiance envers les modèles de la génération la plus riche. L’argent devient un levier d’émancipation collective, moins un marqueur de réussite individuelle. L’envie de bâtir une société plus équitable prend lentement le pas sur la quête de rang social.
L’héritage des baby-boomers, un tournant pour la fortune des plus jeunes ?
Les baby-boomers pèsent lourd dans la balance du patrimoine, en France comme ailleurs en Occident. Cette génération a amassé une fortune inégalée, principalement grâce à l’immobilier et à l’épargne financière. Selon la Banque de France, plus de la moitié de la richesse privée nationale appartient aux plus de 60 ans.
La question de la transmission prend un relief particulier. D’ici la prochaine décennie, près de 1 000 milliards d’euros devraient être transmis. Ce transfert ne profitera pas à tout le monde. Les écarts patrimoniaux s’accentuent : seuls les enfants des familles les plus aisées bénéficieront réellement de ce basculement. Pour beaucoup d’autres, l’espoir de progresser socialement s’éloigne.
Pour mieux cerner l’ampleur du phénomène, quelques repères :
- La génération baby-boomers transmettra davantage de patrimoine que toutes les générations précédentes réunies.
- Les 10 % de ménages les plus fortunés accapareront près de la moitié de ces transmissions.
La question de la justice sociale s’invite au cœur du débat. Le patrimoine familial devient un sésame pour acheter, investir ou entreprendre. Face à la masse de capital transmis, l’ascenseur social semble s’arrêter pour nombre de jeunes, dont le destin dépend moins de leurs efforts que de leur lignée.
Entre rêves et réalités : comment les jeunes adultes redéfinissent la notion de richesse
La génération des millennials et la génération Z imposent une vision nouvelle de la richesse. Pour ces jeunes adultes, accumuler une fortune ne signifie plus posséder un logement ou grossir la taille de son patrimoine. Pourtant, les chiffres rappellent la difficulté du combat : selon Knight Frank, moins de 15 % des moins de 35 ans en France sont propriétaires, contre plus de 55 % des baby-boomers au même âge. Même un diplôme ne garantit plus l’accès à la propriété.
L’argent, pour beaucoup, prend d’autres visages. La possibilité de choisir sa vie, de donner du sens à son travail ou de réduire son impact environnemental devient centrale. D’après une étude récente, 58 % des millennials français déclarent qu’ils cherchent à limiter leur consommation pour des raisons écologiques. La fortune s’évalue désormais dans la richesse des relations, la mobilité, l’accès aux soins ou à la formation.
Les attentes changent, mais les obstacles persistent. Vivre sous le regard de la génération la plus riche alimente la défiance. Nombreux sont ceux qui questionnent la valeur du travail quand la répartition du patrimoine semble verrouiller le futur. Les jeunes adultes naviguent entre désir d’équité sociale et soif d’autonomie, cherchant à inventer de nouveaux contours à une richesse moins exclusive, plus partagée.
La génération montante ne se contente plus de compter les zéros sur un relevé bancaire. Elle s’interroge, bouscule, invente. Et si la plus grande richesse, finalement, consistait à réécrire les règles du jeu ?


