Depuis juillet 2021, une réévaluation du DPE peut rétrograder un logement de deux classes énergétiques, sans modification des équipements ni des consommations réelles. Un calcul erroné ou une donnée manquante peut invalider la validité du diagnostic et exposer le propriétaire à des sanctions lors de la mise en location.
Certaines constructions récentes subissent une baisse de leur note malgré une performance thermique conforme aux normes. Les propriétaires bailleurs sont désormais tenus de présenter un diagnostic précis et à jour, sous peine de devoir réaliser des travaux de rénovation énergétique coûteux ou de voir la mise en location suspendue.
Nouvelles règles du DPE : ce qui change pour les propriétaires bailleurs
La réforme du diagnostic de performance énergétique a rebattu les cartes pour tous les bailleurs. Depuis la loi Climat et Résilience, impossible de se contenter d’un simple papier à fournir au locataire. La méthode a été totalement revue : place à des calculs fondés sur la réalité de la consommation d’énergie primaire et sur les émissions de gaz à effet de serre, pas sur des déclarations hasardeuses ou des estimations approximatives.
La nouvelle formule introduit un coefficient énergie primaire qui impacte particulièrement les logements chauffés à l’électricité. Résultat : un appartement noté D il y a trois ans peut aujourd’hui se retrouver en F, sans que ses équipements n’aient changé. Les passoires thermiques sont dans la ligne de mire, et la pression monte pour les propriétaires qui tardent à rénover.
Voici ce que prévoient concrètement ces nouvelles exigences :
- Avant la mise en location d’un bien très énergivore, il faut fournir un audit énergétique détaillé afin d’informer le locataire sur les points faibles du logement.
- Des travaux de rénovation sont imposés pour les logements les plus mal classés, faute de quoi la location devient impossible.
- L’étiquette DPE a été revue pour devenir plus lisible, selon les standards fixés par l’ADEME, afin de mieux informer propriétaires et locataires.
La future réforme DPE 2026 abaissera encore le seuil d’accès au marché locatif. Face à cette évolution rapide, les propriétaires doivent anticiper : sans adaptation, les biens concernés risquent l’exclusion du marché, avec à la clé une baisse de valeur et une rentabilité fragilisée. Ce n’est plus un détail technique, mais une bascule qui peut redessiner la carte du parc locatif.
Pourquoi le DPE peut-il chuter ? Les principaux facteurs à surveiller
Le verdict peut tomber comme un couperet : la note énergétique d’un logement s’effondre alors que rien, en apparence, n’a changé. Plusieurs explications se cachent derrière cette dégradation soudaine. D’abord, l’isolation du bâtiment : une toiture mal protégée, des murs non isolés ou des planchers froids font grimper la facture. Une mauvaise isolation laisse la chaleur s’évaporer en hiver et la fraîcheur s’échapper en été. Forcément, le DPE s’en ressent.
Un autre facteur pèse lourd : le système de chauffage. Les logements équipés de vieux radiateurs électriques, les fameux « grille-pain », ou de chaudières à bout de souffle, se retrouvent rapidement sanctionnés par la nouvelle méthode de calcul. Le coefficient appliqué à l’électricité, beaucoup plus élevé que pour le gaz ou le fioul, contribue à faire chuter la note. L’absence de pompe à chaleur ou de chaudière à condensation aggrave ce constat.
La ventilation et la qualité des menuiseries ne sont pas à négliger. Un simple vitrage, des fenêtres mal posées, une absence de ventilation mécanique : autant de faiblesses qui pénalisent directement le diagnostic final.
En résumé, plusieurs éléments peuvent expliquer une note en chute libre :
- Isolation insuffisante ou vieillissante (toiture, murs, planchers non traités)
- Chauffage électrique peu performant ou équipements vétustes
- Menuiseries défaillantes, simple vitrage, problèmes d’étanchéité
- Absence de ventilation adaptée ou de travaux d’amélioration énergétique
Un logement qui n’a jamais bénéficié de travaux de rénovation finit par se retrouver en queue de classement. Les conséquences sont immédiates, tant pour la valorisation du bien que pour ses possibilités de mise en location.
Location : quelles conséquences concrètes d’un DPE dégradé pour votre bien ?
Le marché locatif vit sa révolution silencieuse. Un DPE dégradé, en F, en G, n’est plus un simple détail technique, mais un vrai signal d’alerte. Depuis la loi Climat et Résilience, la trajectoire est nette : les logements les plus énergivores sont progressivement évincés du marché.
Pour les bailleurs, les conséquences sont bien réelles :
- Blocage de la location : depuis 2025, la location d’un logement classé G est interdite. Les biens en F suivront en 2028, puis les E en 2034. Sans travaux, la rentabilité s’effondre du jour au lendemain.
- Perte de valeur : plus la note est mauvaise, plus la décote s’accentue. Les acheteurs anticipent les dépenses à venir, et le prix de vente fond, surtout dans les zones tendues.
- Audit énergétique à fournir : vendre un logement classé F ou G implique désormais de produire un audit complet, avec un plan de travaux chiffré et détaillé. Impossible de masquer les faiblesses du bien.
L’accès au crédit immobilier se complique aussi. Les banques scrutent la performance énergétique avant d’accorder certains prêts, et exigent parfois la réalisation de travaux. Les dispositifs d’aide à la rénovation deviennent plus accessibles, mais requièrent des démarches précises et parfois longues. Face à ces contraintes, les propriétaires doivent repenser leur stratégie : investir dans la rénovation, vendre au bon moment ou envisager un autre usage du bien. Les choix à faire sont loin d’être anodins.
Vérifier et corriger un DPE erroné : une démarche essentielle pour protéger son patrimoine
Une erreur sur le DPE n’est jamais anodine. Elle peut entraîner des conséquences sur la valeur du bien, voire exposer le propriétaire à des sanctions. Les contrôles se sont renforcés : la DGCCRF surveille désormais la fiabilité de chaque diagnostic. Un chiffre incohérent sur la consommation d’énergie, une isolation oubliée, ou des équipements non pris en compte : la moindre imprécision peut entraîner une mauvaise note et fausser l’étiquette énergie du logement.
La vigilance s’impose. Relire chaque page du diagnostic, pointer les incohérences, vérifier que la surface, les systèmes de chauffage, l’isolation et la qualité des menuiseries sont correctement renseignés : tout doit refléter la réalité du bien. En cas d’erreur, il faut contacter rapidement le diagnostiqueur et demander une correction, justificatifs à l’appui (factures, attestations, plans).
Si le professionnel refuse, la loi protège le propriétaire. Il est possible de saisir la DGCCRF ou de demander un second avis à un expert indépendant. Cette démarche, loin d’être accessoire, protège la valeur du bien, sécurise toute transaction et évite les mauvaises surprises lors d’une vente ou d’une location. Un DPE fiable, c’est la garantie d’une transaction sereine et la meilleure défense face aux aléas du marché immobilier.
À l’heure où chaque point du DPE peut changer le destin d’un logement, il vaut mieux jouer la carte de la précision. Mieux vaut un diagnostic sans faille qu’un patrimoine condamné à l’immobilisme.


