Psychologie

Covid-19 : la pandémie peut-elle aggraver votre dépression saisonnière ?

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La dépression saisonnière, ou Trouble Affectif Saisonnier (TAS) pour reprendre la terminologie médicale, fait partie de ces pathologies « passe-partout » qui ne présentent pas vraiment de symptômes distinctifs. Coup de blues, fatigue, humeur maussade, irritabilité, insomnies et/ou hypersomnies, envies de glucose… le tableau ressemble vaguement aux autres formes de dépression, voire à un simple passage à vide. L’argument de la saisonnalité reste le plus parlant : les patients atteints de TAS voient leur dépression surgir ou s’amplifier dès que le soleil commence à se faire rare, typiquement à la fin de l’automne et pendant l’hiver.

Quel impact de la pandémie du Covid-19 sur le TAS et les autres troubles de l’humeur ?

C’est difficile à dire, car nous n’avons jamais vécu une pandémie véritablement mondiale à l’âge du tout-numérique et de l’info 24/7. A mesure que les indicateurs de la pandémie passent progressivement au vert dans un certain nombre de pays, la question des dégâts psychologiques de la séquence commencent à être étudiés sur le plan clinique. Et comme on pourrait le deviner, c’est la capacité à se projeter dans l’avenir, à se motiver pour atteindre des objectifs préalablement fixés et à poursuivre l’aventure du développement personnel qui prend un coup.

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La pandémie de coronavirus a intensifié les symptômes des patients aux prises avec un trouble de l’humeur et/ou du sommeil, tandis que des personnes sans aucun antécédent psychiatrique reconnaissent volontiers avoir besoin d’un accompagnement pour retrouver leur qualité de vie et leur santé mentale pré-Covid.

Selon des recherches menées par le Centre Américain de la Santé Comportementale, ce sont les patients souffrant de Troubles Obsessionnels Compulsifs (TOC) qui ont connu la plus grande intensification de leurs symptômes. Ces derniers sont en effet encore plus préoccupés par la contamination de la peau, ce qui peut déclencher des comportements maniaques particulièrement handicapants. Chez certains patients souffrant de TOC, une tendance à l’exagération des gestes barrières et des d’hygiène a été notée, avec parfois une incapacité à sortir de chez soi, voire de sa chambre.

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Les épisodes de confinement plus ou moins total que la majorité des pays de la planète ont connus ont également bouleversé le quotidien des individus, les laissant parfois livrés à des pensées négatives sans possibilité de les « contourner » par l’exercice d’une activité de loisir. Notons également que la carence d’exposition à la lumière du jour est la première cause de la dépression saisonnière, ce qui peut expliquer la recrudescence de cette pathologie pendant le confinement.

Comment gérer la dépression saisonnière ?

Contrairement à ce que semblent penser les patients interrogés à l’occasion de diverses études menées dans les pays de l’OCDE, la dépression saisonnière, ou Trouble Affectif Saisonnier (TAS), peut être maîtrisée à court terme. En effet, dans l’écrasante majorité des cas, le TAS est causé par un déficit d’exposition à la lumière du jour, ce qui favorise la sécrétion de la mélatonine, hormone de la relaxation et du sommeil, au détriment de la sérotonine, hormone de l’énergie et de la vitalité.

Ce déséquilibre hormonal induit un dérèglement du rythme circadien ou horloge interne. Résultat : des hypersomnies qui causent à leur tour des insomnies, une fatigue chronique (ou asthénie), une perte de plaisir, une baisse de la libido, une certaine irritabilité, une humeur maussade et des comportements alimentaires compulsifs. Avant d’envisager une éventuelle médication, certains psychologues et psychiatres recommandent de passer par la case de la thérapie par la lumière.

Les lampes de luminothérapie présentent-elles un interet? Oui, assurément. Ces dispositifs d’éclairage produisent une lumière qui simule les caractéristiques de la lumière du jour (intensité en lux, longueur d’onde, teinte), pour « tromper » le cerveau et rétablir l’équilibre du rythme circadien. Il s’agira en somme pour le patient de s’exposer à la lampe de luminothérapie pendant une trentaine de minutes, au réveil, pour stopper la production de mélatonine et stimuler la sérotonine. Il retrouvera alors un sommeil sain et réparateur, des niveaux d’énergie suffisants pour des journées productives et un regain de sérénité.